• CENTRO EDITORIALE SCIENTIFICO

    CENTRO EDITORIALE SCIENTIFICO

La recensione di Antonella Guarino della Rivista «Lingua, letteratura, traduzione - volume 1»

AA.VV., LINGUA, TRADUZIONE, LETTERATURA – Rivista internazionale di studi umanistici diretta da Graziano Benelli, Sabrina Aulitto e Graziano Benelli (a cura di), Roma, Istituto Armando Curcio, University Press, 2017

 

La revue internationale « Lingua, traduzione, letteratura » éditée par l’Istituto Armando Curcio, dirigée par Sabrina Aulitto et Graziano Benelli, présente son premier volume consacré aux thèmes littéraires, linguistiques et traductifs, comme sa dénomination l’indique sur la première de couverture. Tout en étant le premier numéro de la revue, ce volume illustre de manière précise et claire son but, à savoir le développement et la favorisation dans l’enseignement supérieur d’une didactique vouée à rassembler des savants et des chercheurs internationaux dans le cadre d’un projet mutuel visant l’essence d’une offre « haut de gamme » en matière de formation. Ce sont les prémisses sur lesquelles Cristina Siciliano base sa présentation du volume en question dans l’espoir à instaurer une future collaboration fructueuse avec lesdits chercheurs et enseignants.

Annalisa Aruta Stampacchia ouvre ce volume avec une contribution dont le titre est « Seduzione e meccanismi indiscreti dell’art de s’habiller nel Settecento francese » où elle insiste sur la mode française du XVIIIe siècle en mettant l’accent à la fois sur la mode féminine et masculine durant ladite période. Un « défilé » d’images à la nature bariolée s’entremêle à noms de vêtements typiques du XVIIIe siècle français tels que panier, vertugadin, bourrelet, ce qui compose la robe à la française dont les dames de la cour s’en servent afin d’être à la mode. Quant à la mode masculine, termes tels que culotte, juste-au-corps ou redingote sont à la base de ce qu’on appelle la silhouette construite par une société – celle de l’Ancien Régime – dont les apparences étaient essentielles pour indiquer le lignage d’un noble : le port et l’apparence au détriment de l’être. Stampacchia s’interroge finalement sur la volonté d’analyser ce monde qui montre des tensions idéologiques et des enjeux sociaux qui ne représentent pas seulement l’empire de l’éphémère, mais plutôt ils semblent illustrer un monde dynamique et créatif.

Sabrina Aulitto présente une étude lexicographique en synchronie intitulée « Il termine économie in alcune fonti lessicografiche francesi del Settecento e dell’Ottocento » dont l’objectif est d’analyser les définitions du lemme économie au sein de certaines sources lexicographiques françaises du XVIIIe et du XIXe siècle. À partir d’une signification concernant tout simplement le ménage familial, Aulitto trace un chemin parsemé de concepts et de sens très intéressant tout au long duquel se dissipent les doutes et les incertitudes d’un terme peut-être trop souvent abusé. Grâce à Rousseau, économie ne désigne plus le ménage familial, mais le lemme s’élargisse tout en tenant en compte la conception de Rousseau d’une économie visant la grande famille, qui est l’État. Le parcours continue d’offrir des points de vue mêlant des concepts modernes tels que richesse, économie politique, économie politique appliquée qui changent considérablement au cours des siècles jusqu’à aboutir aux concepts d’aujourd’hui qui sont à la base du sens contemporain en matière d’économie politique.

Après une étude lexicographique, Graziano Benelli illustre une contribution consacrée à l’auteur guadeloupéen Daniel Maximin dont le titre est « Daniel Maximin : dalla Négritude alla Caraïbitude ». Benelli trace l’histoire littéraire de Maximin en soulignant la créativité et l’originalité de l’écrivain. À partir de l’Isolé Soleil se présentant avec un calembour où l’anagramme sous-jacent est une espèce de miroir (Soleil anagrammé en L’isolé), en passant par Soufrières dont le nom du volcan homonyme qui est à l’arrière-plan d’une introspection de la psyché des personnages du récit, jusqu’aux poèmes de L’invention des désirades, Maximin semble être le digne héritier d’Aimé Césaire auquel il consacre un volume entier titré Aimé Césaire, frère volcan, où l’image éloquente de la force destructive et régénérative du volcan devient pressante.

Diana Bianchi ravit les goûts avec sa contribution intitulée « I gentiluomini si prendono per la gola : cibo e identità nei romanzi di Georgette Heyer ». Elle se concentre sur la fonction de l’alimentation dans les romans de l’écrivaine anglaise Heyer, tout en prenant en considération d’autres auteures telles que Jane Austen et Hannah Glasse. D’après Bianchi, l’alimentation n’est jamais purement « innocente » ou « neutrale » ; en revanche, elle souligne qu’il s’agit d’un argument encore peu exploré dans le monde littéraire en dépit de son pouvoir déterminant au sein des relations humaines et des contraintes sociales. Toutes ces implications dictées par l’alimentation sont prises en compte également dans les romans « en marge » afin de montrer comment l’alimentation et l’identité nationale de l’Angleterre du XVIIIe siècle jouent un rôle essentiel dans le discours littéraire lui-même.

La contribution d’Emanuele Brambilla dont le titre est « Il n’y a pas de liberté sans règles. I principali schermi argomentativi nei discorsi di Nicolas Sarkozy sulla crisi economica » est axée sur la pragmatique, notamment en référence aux discours politiques et économiques de Nicolas Sarkozy lors de la crise financière. Les topoï typiques des discours sur la crise financière sont y présents tels que la « responsabilité » ou « les circonstances exceptionnelles », ainsi que les concepts de « crise comme défi » ou « crise comme opportunité » sont également largement employés. Tous les discours de Sarkozy commencent par une phrase phare soulignant la situation dramatique de la crise. D’après Brambilla, ses discours suivent un schéma argumentatif prédéterminé : prémisse (introduction), argument et conclusion. Pour conclure, le chercheur estime que la plupart des discours de Sarkozy visent à « corriger » le capitalisme à travers des valeurs partagées et répandues.

Maria Benedetta Collini présente une étude dont le titre est « Tissus et étoffes dans le premier Régnier (1885-1900). Par le biais de citations et de parties textuelles visant l’essence de la contribution elle-même, Collini illustre comment les tissus et les étoffes dans les ouvrages du poète Régnier sont vus comme des « robes de honte » imprégnées d’un sens de dissimulation et de mensonge. Les jeux rythmiques, les artifices rhétoriques, ainsi que d’autres figures de style vouées à souligner la connotation négative des tissus représentent les procédés les plus employés par l’écrivain afin de dépendre également la liaison éternelle entre l’homme et la nature exempte de vêtements.

La terminologie des douanes est un cas particulier dans le panorama du domaine terminologique à cause de la complexité de sa nature qui en déterminent des fluctuations et des changements significatifs en matière de relations internationales. Nadia Degli Antoni et Cesare Gagliardi présentent une contribution titrée « L’inglese doganale : importanza di una competenza linguistica specifica » où ils font face aux enjeux liés au domaine concernant, en particulier, le payement d’obligations d’une taxe sur la valeur des marchandises exportées et importées, à savoir les droits de douane. Après un aperçu historique, les deux chercheurs insistent sur les problématiques se rapportant, entre autres, aux difficultés de traduction des abréviations qui peuvent concerner beaucoup de malentendus. Ils parviennent à estimer qu’il est nécessaire la présence d’experts pour que les ambigüités linguistiques puissent réduire la portée des erreurs notamment par rapport aux documents officiels. Une connaissance de l’ECE est requise pour avoir des compétences suffisantes et pour gérer un registre linguistique approprié.

Dans la contribution suivante, on retourne à la littérature avec une étude sur le temps dans un roman de Lewis Carroll. Mariateresa Franza dans sa contribution « Mad clocks and reversed time : experiments in non-linear time in Lewis Carroll’s Sylvie and Bruno » parvient à explorer le monde mystérieux du temps dans le roman en question, tout en soulignant la relation controversée de l’Angleterre victorienne vis-à-vis du temps. En particulier, la nostalgie pour le passé et le désir pour les secrets les plus imprévus de l’avenir sont à la base de la conception victorienne contée par les romanciers de l’époque. Le roman de Carroll est pourtant une étude a posteriori après la bonne fortune de Les Aventures d'Alice au pays des merveilles. L’aspect le plus intéressant du roman concerne sans aucun doute la conception temporelle : la technique concernant le passage de la réalité au monde des rêves relève de la perfection ; une amélioration du style développé déjà dans Les aventures d’Alice aboutissant ici à des situations paradoxales tout à fait géniales.

On passe à présent de la littérature au langage technique des textes juridiques. La contribution d’Anna Giambagli dont le titre est « Indagine sulla sentenza europea : la trasposizione del testo giuridico dal francese all’italiano nella traduzione scritta e orale » montre des points de vue captivants sur les traductions de l’italien au français des arrêts européens. Tout en s’interrogeant sur la distinction entre « langue » et « droit », Giambagli souligne, entre autres, l’enchevêtrement inextricable de la structure d’un arrêt, où l’utilisation de l’hypotaxe relève de la difficulté de la langue bureaucratique au détriment d’une simplification des contenus. Tout cela peut aboutir facilement à des erreurs de traduction plus ou moins graves. Le texte traduit devient, en conséquence, un texte « innaturel » à cause d’un respect excessif au texte original. Par le biais d’un trousseau d’exemples très efficace, Giambagli montre comment la traduction de cette typologie textuelle, qui cause toujours certains enjeux langagiers non négligeables, doit répondre aux besoins de clarté à travers des méthodologies appropriées à moduler d’après le contexte communicatif de production et de réception.

Dans l’essai « Lumière, espace et corps. La métaphore dans l’Approche de la parole de Lorand Gaspar », Annafrancesca Naccarato commence par un extrait du texte de Lorand Gaspar qui déclare son parcours existentiel, tout en s’encrant sur la présence des métaphores disséminées dans son ouvrage. Gaspar étale comment la métaphore contribue à l’élaboration et à la synthèse de contenus profonds et élaborés s’intéressant à la nature de la parole poétique, au statut de la lumière et au rapport osmotique conjuguant le moi, le monde, le corps et l’espace. Insistant sur la place de la métaphore en tant qu’innovation au niveau sémantique, Naccarato ponctue l’objectif authentique de la métaphore axé sur le développement des potentialités visuelles du langage.

La contribution de Catia Nannoni dont le titre est « Vengeance du traducteur : quand la métafiction traductive vise à la traductologie » est axée sur le premier roman de Brice Matthieussent, traducteur de renom de l’anglais, qui parvient à explorer les réflexions traductologiques à l’intérieur d’une métafiction occasionnellement déconcertante. S’inscrivant dans l’attitude de dépeindre, dans la fiction, des personnages et des situations consacrés à l’univers traductif, le roman constitue à la fois le miroir des questions théoriques et le biais usité pour examiner les relations entre traduction, culture et société. Par le biais de citations et de parties textuelles visant l’essence de sa contribution, Nannoni éclaircit l’intrusion de la traduction dans la fiction en tant que témoigne « d’une prise de conscience aiguisée ». Le roman Vengeance du traducteur, d’après Nannoni, se présente sous deux aspects, l’un concernant la mise en place de « a meta-narrative function », centrée sur la traduction en tant que processus et travail, l’autre qui accompli « a meta-narrative function » dans laquelle la traduction assume la mise en place tout en outrepassant le cadre du contenu. Pour conclure, Nannoni ponctue comment, par le biais du parcours professionnel de Matthieussent, la traduction s’avère être un authentique atelier de travail intime, acharné sur la langue et le style, un incontestable exercice à l’écriture.

Francesca Piselli illustre une contribution consacrée à Chateaubriand dont le titre est « Le prime traduzioni italiane del Génie du Christianisme (1802-1847) di Chateaubriand». Piselli trace l’histoire littéraire de l’ouvrage concerné, en mettant l’accent, parmi les diverses traductions opérées sur le texte, sur la version de Giovanni Domenico Anguillesi dont la première parution est anonyme, mais conséquemment attribuée à lui, même à travers son autobiographie. Dans cette dernière, en fait, par le biais d’un extrait introduit dans le Nuovo Giornale dei Letterati, il avoue d’avoir contribué à la diffusion du texte en Italie. Annonçant l’imminente sortie de la traduction italienne, Anguillesi révèle les difficultés présentées au cours de sa traduction pour le style animé et métaphorique de l’auteur. Piselli parvient à illustrer les autres traductions italiennes qui, à travers leur propre méthodologie, ont contribué à la propagation du texte. Parmi celles-ci, Piselli cite la version de Toccagni, à savoir Genio del Cristianesimo ovvero bellezze della religione cristiana, nuova versione sulla sesta edizione parigina di Luigi Toccagni Bresciano, qui est très connue pour ses nombreuses rééditions. Piselli continue l’excursus des traductions de renom en mentionnant celle d’Alfonso Rossi et du juriste Nicola Maria Cefaratti, imprimée à Naples. Par le biais de citations et de parties textuelles tirées du texte, la chercheuse désigne son objectif d’aboutir à une lecture comparée des différents extraits qui brillamment ont adopté des solutions traductives. Pour conclure, Piselli suggère comment la méthode suivie par chaque traducteur n’est pas homogène en signalant la version de Toccagni comme celle qui, à travers les choix traductifs, a su construire son succès éditorial.

On passe à présent de la littérature à la lexicographique. La contribution de Manuela Raccanello intitulée « Colonizzazione e lessicografia in Francia nel XVII e XVIII secolo » s’achève à une analyse décodeuse de certains dictionnaires afin de vérifier l’apparition d’évidentes transformations au niveau sémantique de la colonisation. Raccanello, à travers des considérations ponctuelles, énumère les dictionnaires usités dans l’analyse des définitions du lemme « colonie » au sein de certaines sources lexicographiques françaises entre le XVII et le XVIII siècle. Dans l’objectif de mettre en évidence « les rapports consubstantiels entre langue, culture et société », la chercheuse souligne son dessein d’inclure tous les dérivés que les lexicographes ont introduit dans la nomenclature de ses dictionnaires. Ce qui émerge en premier ressort, c’est le dessein de maintenir un comportement neutre dans le moment où l’on propose des lemmes relatifs au niveau sémantique de la colonisation. Pour conclure, tout en considérant les textes lexicographiques examinés, la perception de la colonisation entre le XVI et le XVII siècle ne parvient pas à des connotations négatives, mais plutôt elle résulte liée à son idée d’utilité et de valeur ajoutée. Cela arrive, continue Raccanello, grâce à la continuelle référence aux aspects avantageux de la politique coloniale que les dictionnaires couramment reflètent.

Dans la contribution suivante, Nataša Raschi présente une étude intitulée « Sur la variation linguistique en Afrique: le nouchi de la Côte d’Ivoire » dans laquelle la chercheuse s’interroge sur la volonté d’analyser la situation du plurilinguisme présent en Côte d’Ivoire. À partir des variantes linguistiques, Raschi esquisse comment les parlures représentent l’aspect le plus marquant du multiculturalisme et du métissage des sociétés africaines. La contexture présente des incursions linguistiques intéressantes, en fait Raschi analyse le terme « nouchi » en tant que forme d’éclosion langagière, à savoir la langue et les locuteurs en Côte d’Ivoire. Raschi trace un chemin parsemé de concepts et de sens très intéressants concernant l’étymologie et ses diverses significations dans les dictionnaires. De surcroît, la chercheuse clarifie de manière rigoureuse et claire son but, c’est-à-dire celui de réfléchir sur l’évolution du concept de la francophonie dans les différents dictionnaires.

Dans l’essai « La politica linguistica in Côte d’Ivoire durante la colonizzazione e la post-colonizzazione », Carmen Saggiomo commence par un remarquable aperçu historique visant l’exploration des différentes étapes de la colonisation française de la Côte d’Ivoire. En amorçant une rigoureuse analyse du phénomène, l’essai nous dévoile les vicissitudes propres à la colonisation que Saggiomo documente avec un sens tout à fait critique. Admirable, à notre avis, le paragraphe consacré à la langue française se révélant une lecture agréable et pertinente pour l’encadrement du rôle de la Côte d’Ivoire dans l’État français à la suite de son indépendance. Accordant une méticulosité qui trouve dans une syntaxe précise la forme extrinsèque la plus criante et pure, Saggiomo, moyennant les formes d’art, révèle la signification tragique d’un phénomène longtemps négligé par la collectivité.

La figure du poète est étalée dans l’étude de Gisèle Vanhese titrée « La poésie française d’Alfredo Ganotena et la parole nomade » où la chercheuse, dès les premières pages de l’introduction, passe en revue le ressort des œuvres du poète en soulignant l’originalité de sa personnalité et son itinéraire intellectuel. Vanhese s’arrêtant sur l’écriture de Gangotena qui privilégie toute une série de procédées rhétoriques, révèle, à travers des exemples concrets, l’unicité des stratégies aptes à transmettre une perception spécifique du visible et de l’invisible, à savoir de ce que l’auteur définit ‘vision’. L’essai se termine par la mise en relief du fil rouge qui relie l’écriture de l’écrivain, dite nomade, résidant précisément dans sa tentative éthique d’atteindre la vérité dans la recherche du vrai lieu.

Le volume se termine par la contribution d’Ilaria Vitali dont le titre est « Le fabuleux destin d’Aladdin : variations françaises sur un conte des Mille et Une Nuits » où la chercheuse, à travers une approche diachronique saisissant les métamorphoses d’Aladdin, met l’accent sur l’effet de ce conte dans l’imagerie populaire, déclenché par la tradition littéraire et artistique aussi bien que par la culture populaire. Les transformations sémantiques, ainsi que symboliques qui interviennent autour de quelques éléments signifiants du conte, sont usitées par Vitali pour mieux exploiter comment, dans un jeu de recontextualisation, le conte d’Aladdin est devenu un exemple de narration transmédiale.

 

Antonella Guarino  

Sede | Viale Palmiro Togliatti, 1625 (00155) Roma, Italia

Telefono | 0645504580 - Fax | 0645504593
Whatsapp 3755260135
dal Lunedì al Venerdì, 09:30 - 13:30 e 14:30 - 18:00
Sabato 9:30 - 16:00

Privacy